J’ai 100,000km

Bonjour cher visiteur venu de la planète Internet!

Aujourd’hui, c’est Leslie qui vous parle.
Bon, ok, je vais faire son scribe, parce que taper sur des touches minuscules avec un pneu de 120 ou de 190, c’est un coup à vous ruiner le moindre clavier.

Le premier résultat d’ailleurs de son texte fut un cuisant échec :

dJEBNFPBRPIUFdUPIbpfbrrpeavbapsôbnrevnfô 

Et puis pas que ledit clavier puisse encore servir mais ça…

Allez, dicte, non pas ta loi, mais tes mots.

 

« Monsieur le Président, je vous écris cette bafouille,
Que vous lirez sûrement si vous avez des douilles…

Sur cette intro revue de Renaud et de Boris Vian du Déserteur, je vous écris depuis ma place de parking dans l’Ain où je coule de chaud sous cette bâche immonde et déchirée.
Certes rapiécée à coups de Scotch US, mais ça, vous connaissez les talents de manouche de mon proprio.

Bref, oui, j’ai 100,000km. Pour une GTR, ça n’a rien d’exceptionnel vous me direz, mais combien de motos aujourd’hui peuvent se targuer d’avoir 6 chiffres au compteur?

Qui plus est, il ne faut pas oublier que je ne roule qu’en voyage ainsi qu’en balades du weekend. Pas pour aller bosser, une sale histoire d’assurances est en cause. Cependant, pour la route quotidienne, c’est un bienfait car les itinéraires sont d’un pénible… 
Bien fait pour sa gueule à la 107 par contre, cette chose puante à 4 roues qui partage ma place de parking.
Merde, en tant que diva qui divague (vague), je dois cohabiter mon espace vital avec un machin rikiki qui tombe en ruine.

100,000km purée… et en plus, mon proprio m’a fait passer ce cap sur un Col que je déteste : le Grand Colombier, chez nous, dans l’Ain.
Au départ, il voulait m’y faire passer au Galibier. J’aurais préféré, quel cadre grandiose!

Je rigole, bien entendu, passer ce cap sur un col plutôt qu’un pan de bitume rapide est bien mieux, n’est-ce pas le Motarlogue :p .
Surtout sur un coucher de soleil et cette vue sur le Mont-Blanc, on a connu pire…

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Avouez que… bon OK, j’avoue, la photo a été prise à 100,004km. Mais quand même.

Je ne me rappelle pas trop de mes 31,000 premiers kilomètres. Tout ce dont je me souviens, c’est que j’ai eu deux papas avant moi, dont un qui m’avait laissé un an sans voir la lumière. Oui, j’ai chopé un Syndrôme de Stockholm à force.
On se baladait un peu dans les Savoie, de temps en temps, mais rien de plus.
J’avais envie d’aller voir ce qui passait plus loin. « Non » me disait-on.
Je sanglotais dans ma geôle alors que j’entendais mes cousines/soeurs/ consanguines s’exprimer joyeusement sous des journées ensoleillées.

Et puis mon deuxième papa ne me sortait plus, il a décidé de me vendre. Est venu Papy. Au départ, je me suis demandé si ce petit bonhomme allait savoir se servir de moi. Ben oui, à moins de 30ans, soit un gamin, allait m’embarquer avec moi, moi l’obèse, la baleine comme il m’appelle désormais.

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Le lendemain où Papy est venu me chercher.

Dès le départ, on s’est bien entendus. Il aime la montagne, et moi aussi. Mais surtout, à peine deux mois plus tard que nous avons commencé notre collaboration, il m’emmène jusqu’en Bosnie-Herzégovine.
Avouez que le changement est brutal, en même pas deux mois, j’ai fait plus qu’en deux ans!
Il me colle environ 8,000km le garnement, je revis.

Puis il met en place son projet de malade : le Cap Nord. La Norvège, la Scandinavie en passant par les pays Baltes et d’Europe Centrale. 40 jours, 14,000km. Copieux vous me direz? Absolument. Avant ça, on s’est fait quelques roadtrips dans le coin, toujours à la découverte de nouveautés, mais j’avais peur.

Peur?

Oui, de l’inconnu. A tel point que je serrais tellement fort les freins qu’on a dû m’opérer d’urgence en Pologne. Papa a su me rassurer que tout allait bien se passer.
Et on y est arrivés. On est allés au point le plus au nord de l’Europe.

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Et franchir aussi le Cercle Polaire Arctique. 

Les gens ont commencé à me congratuler, à prendre de l’empathie pour moi avec tous ces kilomètres avalés. Je revivais! Tellement de paysages différents, de températures différentes, de cultures différentes, j’adore!

Mais je ne voulais pas rentrer et faire durer le plaisir. Je décide de tomber malade à Dijon le dernier jour. Et hop, on prolonge!
Aussi, je fais un autre caprice. C’est fini, c’était la ville de mon premier amour.
Heu.
Oui, bon, ok, en Espagne, j’ai pris un rhub et on a dû rentrer dare-dare dans l’Ain. Le pays me manquait tant ❤

Puis mon papa a décidé d’ouvrir une page Instagram consacré à nos balades, nos photos, nos aventures, notre quotidien : @gtr1400rider . Et ça marche plutôt bien!
On a commencé à rencontrer quelques copines françaises mais aussi étrangères! Ça aide que Papy parle plutôt bien anglais et espagnol.
On ne compte pas s’arrêter là. Et d’aller encore plus loin dans nos bêtises.

Car oui, je ne fais que des bêtises quand tu n’es pas là *chante*

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Genre faire du chemin, et d’aller me traîner dans la boue.

Puis vient sa seconde idée, de retourner dans les pays de l’Est.
Là, je m’en menais pas large et étais un peu apeurée par tout ce qu’on me racontait.
Et au final, ça s’est excellemment passé. Juste encore ce foutu Stelvio où, pour la seconde fois, on me blesse. Avec Papy, on s’est dit : « plus jamais! ».

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Bons baisers du Monténégro!

Bref, toutes ces aventures, toutes ces blessures, tous ces stickers collés sur moi sont comme des tatouages, certes réversibles, mais témoignent de ma petite histoire. Moi, la moto avant qui était tapie (tel un… Bernard l’Ermite… putain il déteint sur moi mon proprio pour les blagues!) dans un garage, j’ai connu 39 pays désormais.
On a plein de projets encore, mais en 2018 l’année est plus calme.
On reste « local ».

Puis je dois subir une opération à cœur ouvert cet hiver.
Il est temps que je prenne soin de moi après tous ces kilomètres.
Je ne suis pas trop regardante sur ma santé, mais quand il faut, il faut.
Le chirurgien qui s’occupe de moi, je lui fais confiance les yeux fermés, n’est-ce pas Fabien 😉

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Mais aussi Papy sait s’occuper de moi comme cet hiver 2018.

Et, selon Papy, c’est une nécessité pour que l’on continue d’aller encore plus loin, aller dans d’autres pays, rencontrer d’autres copines…

On se voit bientôt?
N’hésitez pas à klaxonner si vous êtes de passage dans mon pays 🙂

Bien à vous et rejoignez-moi dans le club des 6 chiffres,
Leslie. »

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Ouais enfin Papy, descends de là et mets donc ton casque! On doit rouler encore!

13 réflexions sur “J’ai 100,000km

  1. PLG dit :

    Tu as encore du chemin pour rattraper le bolide gris argent qui t’a ouvert la route à travers la montagne noire… Bon ok, il a deux roues de plus, alors ça compte deux fois moins. Joyeux kiloversaire !

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